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Cocktails : trinquez français !

Publié le 29/03/2022

Longtemps boudés, les alcools français sont de retour dans les bars à cocktails branchés, "pimpant" la mixologie de belles couleurs bleu-blanc-rouge.
Tchin !

L’engouement pour les cocktails n’a jamais été aussi fort. Travaillés comme des plats, ils font désormais partie des incontournables du début de soirée, avec leurs subtiles combinaisons de saveurs, leurs "dressages" sophistiqués et leurs ingrédients soigneusement sélectionnés !

Stars du moment ? L’absinthe, la Suze, le Lillet ou encore la Chartreuse. Des alcools revenus sur le devant du zinc grâce aux mixologues, à l’image de Sébastien Ravier de L’Orangerie (Lyon 1er), bar des apéritifs à la française. Avec ses associés, Émeric Mouillot et Louis Curis, il a servi quelque 84 000 cocktails à base d’alcools français depuis 2017 ! « J’adore les liqueurs : la verveine d’Auvergne, la liqueur de sapin, la Farigoule... On n’a pas besoin d’aller en Écosse pour trouver de très bons gins, il y en a en Normandie par exemple. Ce serait bête de ne pas en profiter », explique Sébastien, dont les étagères du bar sont remplies à 95% d’alcools français.

Savoir-faire ultra-local

Un retour en grâce des spiritueux made in France largement partagé. Le bar Sauvage, dans le 7e arrondissement, en utilise dans ses "coquetels", tout comme L’Antiquaire, qui a toujours servi de l’armagnac et du cognac. Pompette, dans le 2e arrondissement va encore plus loin comme l’explique Lucien : « Travailler des alcools français, c’est bien, mais régionaux, c’est encore mieux ! » 

D’ailleurs, sans que cela soit devenu un argument de vente, les cocktails sirotés aujourd’hui à Lyon sont de plus en plus locaux. À la carte du Fantôme de l’Opéra (Lyon 1er), on retrouve ainsi un gin réalisé à Fleurieu-sur-Saône par la Distillerie du Rhône.
« J’ai eu un coup de cœur. En plus d’être local, il est distillé de manière très méticuleuse », explique Jessica André, la barmaid des lieux.
Plutôt branché pastis ? Sachez qu’il existe depuis quelques semaines un "anis des gones" distillé au cœur du 8e arrondissement de Lyon. Vodka, whisky, gin ou eau-de-vie à la poire de Seyssuel sont également au menu des restaurants Ninkasi, l’enseigne distillant à Tarare une mini-collection de spiritueux en circuit court.

Apéritif maison

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’écumer tous les bars spécialisés pour profiter de toutes ces pépites locales. Post-confinement, la consommation a évolué... accélérant le développement de nouveaux breuvages prêts à boire : les "ready-to-drink". À la tête des bars L’Antiquaire (Lyon 1er) et L’Officine (Lyon 2e), le mixologue Marc Bonneton a dégainé ses shakers le premier, créant Cockorico, une gamme de cocktails en bouteille pour lesquels il suffit d’ajouter un glaçon avant dégustation. Depuis son lancement en 2020, le concept cartonne ! Cockorico compte aujourd’hui 11 recettes dont la plupart sont élaborées à partir d’alcools français. Pour lui, « Nous n’avons rien à envier aux autres pays. Nous comptons de très belles distilleries, notamment dans la Spirit Valley, vers Cognac, dont le savoir-faire est reconnu internationalement. » De quoi rendre l’apéritif encore plus savoureux...

Cockorico
Shop.cockorico.com

Carnet d’adresses

Cigale

Dans ce bar spécialisé dans le gin, Maxime Chabert propose un tour du monde de ce spiritueux souvent injustement cantonné au gin tonic.
Sur une centaine de références, un quart des gins viennent de l’Hexagone, dont certains tout près, à Fleurieu-sur-Saône (Brasserie ADN) et à Lamure-sur-Azergues (L’Eau des vivants).

Pompette

C’est l’un des derniers bars à cocktails ouverts à Lyon et l’on est tout aussi fan de l’ambiance décontractée que des breuvages qui sortent des shakers d’Adrien et Lucien. Leur best-seller, le "Smash my gin", est réalisé à base d’un gin de la Distillerie de Lyon, alors que leur Negroni est confectionné à partir de Bellecour, un bitter français à base d’orange signé par le fabricant de sirops et liqueurs Bigallet, installé en Isère.

Le Fantôme de l’Opéra

Face au retour des "vieux" alcools, Jessica André ne boude pas son plaisir. Muscat, vermouth blanc de chez Routin et spray d’eau de lavande accompagnent un gin dans le "Sacrée Française" alors qu’une liqueur de Mandarine Napoléon accompagnée de confiture de clémentines corses twistent la tequila... De "vieux" alcools qui font une subtile différence dans les créations de la maison.

Le Bosquet

C’est le deuxième bébé de l’équipe de L’Orangerie. Son credo ? Redonner vie aux apéros d’antan. Dans les verres se mêlent donc Rinquinquin, Vermouth, Suze, Chartreuse verte, Lillet, Farigoule ou Cointreau...
À déguster dans une ambiance végétale et trendy.

Sauvage

Ici, cocktails s’écrit "coquetels". Chez Sauvage, on aime faire découvrir les alcools français méconnus : Macvin du Jura, Chambéryzette, pineau des Charentes... Des boissons à faible teneur en alcool, mais terriblement élégantes.

L’Orangerie

Premier bar lyonnais à avoir remis sur le devant de la scène les alcools français. Moins forts que les spiritueux, ces derniers se consomment bruts ou en cocktail, sans donner de mal de tête, et ont l’avantage d’être moins onéreux. 
Idéal pour partir à la redécouverte des pépites de l’artisanat français.