Bouger Un jour avec

Un jour avec une bouliste

Audrey Armanet, championne bouliste © Dominique Ratinaud
Publié le 01/06/2022

La boule lyonnaise est-elle un sport de haut niveau ? On confirme, après vérification sur le terrain auprès de la joueuse Ophélie Armanet.

Elle est souvent confondue avec la pétanque. Pourtant, la boule lyonnaise, née comme son nom l’indique dans la Capitale des Gaules au XVIIIe siècle, n’a rien à voir avec sa cousine de Provence.
On y joue en simple ou par équipe sur un terrain divisé en trois zones principales : la zone d’élan, la zone de lancer et celle de jeu. Objectif des joueurs ? Placer le maximum de boules de bronze le plus près possible d’une petite sphère de bois appelée "but". En 2019, la discipline comptait 48 000 licenciés au sein de la Fédération française du sport-boules (FFSB), dont certains athlètes de haut niveau, à l’image d’Ophélie Armanet. À seulement 21 ans, la jeune femme, originaire de l’Isère, détient sept fois le titre de championne de France de sport-boules en tir progressif.

Des récompenses qu’elle doit en partie à son ascendance, car chez elle, "la longue" est avant tout une histoire de famille : « Je viens d’une famille de boulistes. Mon grand-père avait un très bon niveau et nous a transmis cette passion. J’ai donc commencé très tôt, vers mes six ans. » Perpétuant la tradition, Ophélie travaille assidûment. Lorsqu’elle n’est pas en cours, c’est au boulodrome qu’on la retrouve. Étudiante en 3e année de psychologie, elle y multiplie les séances hebdomadaires : « Je m’y entraîne deux fois par semaine pendant trois heures pour travailler toute la gamme technique. Je complète avec de la musculation et du footing deux à trois fois par semaine, car ce sport demande aussi du travail physique ! »
Un emploi du temps de sportif professionnel, le statut en moins, les athlètes de haut niveau spécialisés dans le sport-boules n’étant pas – encore – considérés comme tels. Au grand dam d’Ophélie qui milite pour la reconnaissance de la profession et entend bien la faire briller lors du prochain tournoi de Pentecôte de Lyon.

Audrey Armanet, championne bouliste © Dominique Ratinaud

Un peu d’histoire

Créé dans la région de Lyon au XVIIIe siècle, le sport-boules est dans un premier temps considéré comme un loisir. Il faudra attendre 1850 pour voir le jeu s’élever au rang de sport avec la création de la première société officielle de boule, "Le Clos Jouve", à la Croix-Rousse. En 1922, les fédérations régionales du Rhône, du Dauphiné, de l’Ain, des deux Savoie, des Alpes-Maritimes et de la Loire forment l’Union nationale des fédérations boulistes (UNFB), ancêtre de l’actuelle Fédération française de sport-boules (FFSB). Non retenue parmi les disciplines invitées aux Jeux olympiques de Paris 2024, la pratique est inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2012.

Le Tournoi de Pentecôte

Qui ne connaît pas le tournoi de Pentecôte n’est pas lyonnais ! Annulée en 2020 puis en 2021, la manifestation, créée en 1894, sera de retour du 4 au 6 juin 2022.
L’occasion d’admirer l’adresse de plusieurs milliers de joueurs en provenance des quatre coins de France.

Par Doriane