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À fond les bulles!

Publié le 02/06/2022

La 17e édition du Lyon BD Festival est de retour dans les rues de la métropole du 10 au 12 juin. L'occasion de revenir, en détail, sur la grande histoire d'amour entre Lyonnais et bande dessinée. Storytelling.

On l’ignore souvent, mais Lyon, « ville d’image », a joué un rôle important dans l’histoire de la bande dessinée. Entre les années 1940 et 1980, la Capitale des Gaules est aussi celle du « petit format », un fascicule de BD vendu peu cher. À l’époque, les éditions Pierre Mouchot impriment Fantax et Big-Bill le Casseur alors que les éditions des Remparts importent quelques-uns des plus grands héros de la BD américaine. Il y a aussi Impéria, l’un des plus emblématiques éditeurs français de petit format, et les éditions Lug (Tex, Blek le Roc...) qui introduisent en France les super-héros américains de Marvel. Un arc narratif parfaitement maîtrisé par Nicolas Piccato, le nouveau directeur du Lyon BD Festival. Organisé du 10 au 12 juin, l’événement est devenu en moins de 20 ans l’un des plus grands rendez-vous de la discipline en France et puise son succès au plus profond de l’ADN de la ville…

Le scénario lyonnais

« Les arts visuels font partie de la culture lyonnaise : le musée de l’Imprimerie et de la communication graphique, les tissus lyonnais… C’est toute cette culture locale qui a contribué à l’essor du monde de la BD à Lyon, explique Nicolas Piccato ; l’écosystème de la BD y est fort, notamment autour des écoles Émile Cohl ou de Condé, et le festival va apporter sa pierre à l’édifice dans le cadre du déménagement au sein de l’ancien collège Truffaut. » Le projet, baptisé le Collège Graphique, consiste à intégrer, au sein d’un établissement scolaire réhabilité des Pentes de la Croix-Rousse, les équipes du festival, mais aussi un tiers-lieu et un atelier d’une vingtaine de postes de travail destinés à de jeunes auteurs et
autrices. Le site, prévu pour début 2023, devrait faire de Lyon le plus grand pôle de création de BD en Europe !

En attendant, parmi les lieux emblématiques du neuvième art déjà présents entre Rhône et Saône, citons la mythique librairie Expérience,
créée en 1973 par Adrienne Krikorian. Ajoutons Momie ou Côté Manga, tous deux spécialistes en mangas ; Comics Zone qui sans grand suspense est l’antre des fans de comics ; BéDétik, tenue par un ancien professeur d’histoire fan de BD ; La BD à la Croix-Rousse créée en 2002 ; et La 9e bulle où l’on trouve aussi des tirages limités. Terminons avec Expérience Bis à Villeurbanne…

Vous préférez emprunter qu’acheter ? Pas de souci ! La Bibliothèque municipale de Lyon abrite quelque 15000 albums dans sa collection BD. Idéal pour se remettre à jour avant de profiter de l’une des sessions de l’association BD Bagarre qui organise une fois par mois (plus ou moins) des soirées « débats de qualité, bonne humeur et mauvaise foi » autour d’un ouvrage. Prochain clash annoncé à l’occasion du Lyon BD Festival !

La BD au cœur de la ville

Pour sa 17e édition, le Lyon BD Festival invite plusieurs grands noms de la BD contemporaine dont l’Allemand Ralf König, connu pour ses héros Conrad et Paul, couple gay vivant à Cologne, et l’Espagnole Nuria Tamarit, à qui l’on doit l’affiche 2022 du festival et de très beaux albums, comme Géante.

Côté Lyonnais et Lyonnaises, on retrouvera Aurélie Neyret (sa série Les Carnets de Cerise a connu un succès retentissant), Théo Grosjean ou encore Chloé Cruchaudet, dont nous parlons un peu plus loin.

Pile à lire de BD écrites et illustrées par des Lyonnais et Lyonnaises

Flippé

Théo Grosjean est l’homme le plus flippé du monde : ce Lyonnais de 27 ans raconte avec autodérision et finesse ses peurs et ses angoisses. Le résultat ? Deux très bons romans graphiques et une série animée pour Canal+ : Flippé.

L’Homme le plus flippé du monde, tomes 1 et 2 de Théo Grosjean, éd. Delcourt, 15,50 € chacun.

La secrétaire de Monsieur Proust

Beaucoup ont découvert Chloé Cruchaudet avec son excellent Mauvais genre. Avec Céleste, elle se penche sur le personnage de Céleste Albaret, gouvernante et secrétaire de Marcel Proust jusqu’à sa mort en 1922.

Céleste : Bien sûr, monsieur Proust de Chloé Cruchaudet, éd. Soleil, à paraître le 15 juin, éd. Soleil, 17,95 €.

Avec les baleines

Leïla travaille dans un aquarium mais elle étouffe. Alors elle part en Bretagne sur les traces de sa vie, de son histoire, plus proche de la mer et des baleines. Le dessin d’Elléa Bird dit avec finesse et poésie les chamboulements d’une vie.

Se jeter à l’eau de Gwénola Morizur et Elléa Bird, éd. Jungle, 18 €.

 

Princesse et prouts de rat

Ce que Grâce aime ? Faire des bêtises et envoyer valdinguer les stéréotypes genrés des contes de fées ! Isabelle Maroger donne à ce personnage toute la fougue qu’elle mérite. Bonne nouvelle ? Le tome 2 ne va pas tarder à sortir !

Grâce : royaume, roulades et prouts de rat de Marc Dubuisson et Isabelle Maroger, éd. BD Kids, 9,95 €.

Reine du douzième degré

Autrice d’albums cultes, pour enfants et adultes, Anouk Ricard mérite la palme du douzième degré ! On se fait une joie de redécouvrir les bêtises de la bande d’Anna avec la parution de l’intégrale d’Anna et Froga.

Anna et Froga, l’intégrale, d’Anouk Ricard, éd. Sarbacane, 25 €.

Le clan Jouvray

Les frères Jouvray sont des figures de la BD lyonnaise. Jérôme dessine, Olivier écrit. Il faut également parler d’Anne-Claire Jouvray, talentueuse coloriste. On peut (re)découvrir leur cow-boy taciturne avec la parution de l’intégrale de Lincoln.

Lincoln, l’intégrale 1-3 et 4-6, d’Olivier, Jérôme et Anne-Claire Jouvray, éd. Paquet, 25 € chacun.

Vers la bienveillance

Aude Mermilliod adapte avec finesse le roman de Martin Winckler, Le Chœur des femmes. Le récit suit le personnage de Jean Atwood, interne dans un service de médecine de la femme alors qu’elle veut pratiquer la chirurgie. Elle y découvre cependant l’importance de l’écoute et de la pédagogie.

Le Chœur des femmes d’Aude Mermilliod, éd. Le Lombard, 22,50 €.

Se reconstruire

Avec Ruptures, Aloÿse Mendoza offre la parole aux femmes : elles nous racontent leurs ruptures (amoureuses, amicales, mais également liées à un déménagement, un deuil…). Un roman graphique que l’on doit à Lapin, maison d’édition villeurbannaise.

Ruptures d’Aloÿse Mendoza, éd. Lapin, 16 €.

Laurence Papoutchian
Par Marie