Lyon, follement drôle ?
Avec ses dizaines de cafés-théâtres, ses soirées comedy club à tous les coins de rue et sa longue li...
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Panache : en avoir.. ou pas. C’est autour de cette interrogation que l'humoriste formé à Lyon développe un spectacle plein de bon sens, autour de l’estime de soi. Aussi drôle que piquant, Alex Ramires virevolte en long et en large sur la scène, sans jamais s’épargner ni s’économiser. Une véritable performance scénique, qui n’épargne pas nos zygomatiques. Rencontre.
Par Lisa Bron.
Enfant, étiez-vous, comme nous l’imaginons, le comique de la classe ?
Disons que je parlais beaucoup et que j’avais envie de m’exprimer ! Comme toujours ! (Rires) J’ai commencé le théâtre à 9 ans et la scène m’a immédiatement happée. J’allais voir jouer la troupe d’impro « La LILY » au Transbordeur et je rêvais de faire comme eux. Pendant mes études d’histoire de l’art à l’Université Lyon 2, je me suis inscrit comme membre de cette troupe et ce fut magique ! Lyon a été la ville qui m’a permis de naître en tant qu’artiste.
Racontez-nous votre première scène...
Je me suis incrusté dans la troupe lyonnaise « Les impros locos » et j’ai eu l’occasion de faire des spectacles à leur côté. Le collectif a monté un gala d’humour et j’ai eu le droit à un « seul en scène » de 10 minutes en novembre 2009. J’étais très stressé mais j’ai adoré ! La directrice du Complexe du Rire m’a ensuite programmé les mardis, les cafés-théâtres Les Tontons Flingueurs et Le Boui Boui ont suivi.
Lyon a été la ville qui m'a permis de naître en tant qu’artiste.
Puis c’est la Capitale qui vous fait de l’oeil : comment vous retrouvez-vous programmé au Théâtre des Blancs Manteaux ?
Après 8 années de comedy clubs à Lyon, j'ai décidé de tenter ma chance à Paris et je me suis produit dans les cafés-théâtres qui voulaient bien de moi, même si je n’étais pas un cadeau (rires). Le producteur de Jeff Panacloc m’a repéré et m’a expliqué qu’il fallait que je me dévoile davantage. J’ai décidé de parler de mon homosexualité dans un texte anticlichés. J’ai été immédiatement récompensé car le public a adhéré. Les spectateurs apprécient cette mise à nue et la vérité m’aide à avancer.
Cinéma, série, podcast, 10 ans après vos débuts, on vous voit partout !
Quand un seul en scène marche, cela confère une crédibilité en tant que comédien. J’ai fait l’acteur pour le film « Bonne Conduite » avec Laure Calamy, mais aussi du doublage pour l’animé « Jim Queen » (ce dernier fait un carton au box-office avec plus de 380 000 entrées depuis sa sortie en juin 2026, NDLR). J’ai adoré l’expérience des chroniques pour France 5 mais aussi les podcast imaginés pour Radio Nova.
Il y a un autre domaine dans lequel vous excellez : les réseaux sociaux ! Vos vidéos courtes, comme celle qui parodie le créateur Jacquemus, ont plus de 25 000 likes. Vous prenez plaisir à les créer ?
C’est très ludique, je n’ai jamais besoin de me forcer. C’est comme un labo de l’humour, on peut tester plein de choses. Dans le cas de la parodie de Jacquemus. J’ai pris une canette comme un sac à main et j’en ai fait un sketch ! C’est naturel chez moi ! (rires). Le monde de la mode, et son sérieux, me fascine. Certains de mes personnages issus des réseaux sociaux, comme Anto Nice l’influenceur élu Président de la république, sont présents dans mon nouveau spectacle.
Les gens cherchent toute leur vie l’endroit où ils sentent le mieux : moi, c’est la scène.
Après « Sensiblement viril », votre one man show « Panache » est-il une galerie de personnages ou un récit de vos expériences ?
Je parle autant de moi que de mes personnages. Le fil rouge est la confiance en soi. Je raconte que, parfois, je ne trouve pas le bon curseur. Certains jours, je me sens comme le roi du monde, d’autres, la pire des crottes ! Quand je raconte cela, je me sens vivant. Les gens cherchent toute leur vie l’endroit où ils se sentent le mieux : moi, c’est la scène.
Vous vous produisez le 10 octobre au Radiant. Qu’est-ce que cela vous fait de jouer à domicile ? Êtes-vous toujours aussi attaché à la ville ?
C’est un plaisir de dingue de se produire à Lyon ! Culturellement, la ville n’a rien à envier à Paris. Je compare souvent les deux villes de cette manière : si Paris était un appartement en colocation, nous serions 7 et il n’y aurait que 2 chambres. Si Lyon était un appartement en colocation, chacun aurait sa chambre. Tout est accessible et à taille humaine. Ce sera toujours ma ville.